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Côte du Pacifique, Colombie-Britannique, le 26 mars… à des milliers de kilomètres de chez moi. Rêveur, solitaire, c’est aujourd’hui l’anniversaire de mon fils. Vingt-six ans déjà. Je me souviens du jour de sa naissance comme si c’était hier. L’un des plus beaux jours de ma vie. Je me souviens aussi de ce terrible 12 août lorsque Micah nous a quittés… qu’il s’est suicidé ! Je me souviens !
 
Pour ne pas mourir à mon tour et regarder la vie s’en aller, j’ai couru de toutes mes forces pour la rattraper. Là, je l’ai serrée très fort contre mon âme et je suis parti comme un voyageur sur la route. Je suis parti d’un bout à l’autre de mon grand pays. 

Des jours, des mois, des années à pleurer, à chercher, à guérir, à consoler.
J’ai marché dans les rues de centaines de villes et de villages. J’y ai rencontré des milliers de gens – des jeunes, des parents, des vieillards, riches et pauvres. Plusieurs qui, comme moi, ont survécu et plusieurs autres…
 
J’ai visité des familles de chez nous, des familles des Premières nations, des deuxièmes, des dixièmes nations formant cette belle mosaïque canadienne.

Et là, 300 villes plus tard et 20 000 beaux visages canadiens gravés dans ma mémoire, me voici au bout du continent, un peu essoufflé, mais le coeur rempli à craquer.
 
En marchant sur la plage à chercher de petits cailloux colorés, enivré par le chant des vagues et l’air salé, j’ai repris ma plume et mon cahier. Laissez-moi un peu vous raconter…
 
    Claude Tremblay
    (Extrait du livre : Le voyageur)